Jugurtha

Jugurtha
[[i]align=center]]Jugurtha est le petit-fils du roi numide Massinissa dont le tombeau se trouve à Cirta (actuelle Constantine) et qui fut un grand allié de Rome durant les guerres puniques (il recevra le titre d'« ami de Rome »). Son père est Mastanabal, frère de Micipsa, tandis que sa mère est une esclave concubine. Comme il s'agit d'un successeur potentiel — le fils légitime de Mastanabal, Gauda, étant maladif —, Micipsa, roi de Numidie à l'époque, veut se débarrasser de Jugurtha en l'envoyant en Hispanie (actuelle Espagne) combattre avec les troupes auxiliaires de l'armée romaine. Jugurtha se montre brave et courageux et les armées numide et romaine sont victorieuses à Numance. Jugurtha se fait beaucoup d'amis à Rome — non seulement grâce à sa valeur mais aussi, quand il le faut, grâce à son argent — et c'est peut-être suite à des pressions des Romains que Micipsa finit par l'adopter trois ans avant sa mort, ce qui en fait l'un des héritiers du pouvoir. Après sa mort, le royaume est partagé entre ses fils Adherbal et Hiempsal et son fils adoptif Jugurtha.

Jugurtha, qui ne veut pas voir le royaume de Numidie divisé de cette manière, n'accepte pas la décision du sénat numide. En outre, ses cousins ne l'apprécient guère et ne se privent pas de railler son ascendance peu glorieuse. La même année, Jugurtha fait assassiner Hiempsal, le plus jeune des deux frères. Le sénat ne paraît pas offusqué par cet étrange décès et la Numidie est alors partagée entre Adherbal et Jugurtha. Les deux hommes continuent néanmoins à se faire la guerre jusqu'en 113 av. J.-C., date à laquelle Adherbal est assassiné par Jugurtha. En outre, ce dernier s'empare aussi de la cité de Cirta, massacrant les commerçants romains qui s'y trouvent. Rome accepte mal que ses ressortissants se soient fait massacrer ainsi et n'apprécie guère le fait que Jugurtha veuille mettre en place un royaume de Numidie fort et uni. Le consul Calpurnius est alors envoyé en Afrique du Nord et le conflit dure jusqu'en 111 av. J.-C. (date à laquelle Jugurtha accepte de faire la paix).

À Rome, les avis sont divisés sur la question numidienne : les optimates considèrent que la Numidie doit rester un royaume indépendant, les populares considérant au contraire que la Numidie est une propriété du peuple romain. Jugurtha est alors convoqué devant le Sénat romain. C'est alors que le consul Postimius Albinus propose de régler le problème en donnant la couronne à Massiva, un cousin de Jugurtha. Ce dernier tue alors Massiva puis s'enfuit. Les hostilités reprennent alors. Postimius Albinus ayant été vaincu par Jugurtha à la bataille de Calama, il est remplacé par un nouveau consul, Quintus Caecilius Metellus qui gagnera son surnom de Numidicus au cours de cette guerre. Ce dernier est secondé par le consul Caius Marius soutenu par les populares (Caecilius Metellus étant le patron de Marius). Caecilius Metellus sort victorieux, s'emparant des villes de Zama et Thala et repoussant Jugurtha en Maurétanie. Cependant, il est relevé de son commandement en 107 av. J.-C. au profit de Marius. Ce dernier remporte alors de nouvelles victoires contre Jugurtha à Cirta et à Capsa (actuelle Gafsa).


Jugurtha emprisonné par les Romains : gravure provenant d'une édition espagnole du Bellum Iugurthinum (La Guerra de Jugurta por Cayo Salustio Crispo) imprimée à Madrid par Joaquin Ibarra en 1772Par la suite, en 105 av. J.-C., Jugurtha est capturé par son beau-père Bocchus, roi de Maurétanie, qui accepte de le livrer à Rome[2]. Finalement, Bocchus reçoit le titre d'« ami de Rome » et la Numidie n'est pas annexée. Elle est cependant étroitement surveillée en devenant un royaume client de Rome. Les Romains placent Gauda sur le trône, étant donné qu'il est le fils légitime de Mastanabal. Marius est alors réélu consul en 105 av. J.-C. puis reçoit les honneurs du triomphe lorsqu'il retourne à Rome. Quant à Jugurtha, il meurt — sans doute étranglé — en captivité dans la prison de Tullianum vers 104 av. J.-C.

Le conflit entre Rome et le roi numide nous est surtout connu grâce à la Guerre de Jugurtha (Bellum Jugurthinum) de l'historien romain Salluste.
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# Posté le lundi 20 juillet 2009 11:51

Batna

Batna
Batna (باتنة), du chaoui Tbathent, (en tifinagh ⵜⴱⴰⵟⴻⵏⵜ), est une ville d'Algérie, chef-lieu de la wilaya de Batna. Cette ville est connue comme étant la capitale des Aurès.
Elle est située dans la région des Aurès, à la jonction de l'Atlas tellien et de l'Atlas saharien. La ville de Batna compte environ 285 000 habitants (estimation pour l'année 2004), ce qui en fait la 6e plus grande agglomération du pays.

La ville, et plus largement la région des Aurès, est principalement peuplée de berbères chaouis, souvent bilingues parlant chaoui et arabe algérien.

Au nord-ouest, Batna possède un nouvel aéroport international situé à 30 Km du centre-ville (code AITA : BLJ). Batna vue par satellite ainsi que des photos [3] [4]

La vallée dans laquelle est installée la ville de Batna faisait jadis partie d'un territoire sous la domination de la vieille ville romaine de Lambèse. Les effets du temps et de l'érosion, notamment des pluies diluviennes et des glissements de terrain, ont peu à peu conduit à l'enfouissement de la ville romaine de Batna et d'une bonne partie des vestiges de la ville de Lambèse. La vallée était habitée par des Berbères chaouis. La tribu Fezzan(Fezazna), d'origine tripolitaine, elle sera concentrée à la Zaouïa de Zmella ou le village de Zmella, situé dans la vallée. Les Français l'ont baptisé à leur arrivée "Village Nègre", car il y avait une population noire les Zenagas (parlent le Berbère subsaharien), des descendants des Sanhadjas. Les Ouled Adi, tribu arabo-berbère possédaient la plus grande partie de la terre de la vallée. Les Ouled Ali, tribu berbère, avaient aussi des parcelles de terre dans cette vallée. Les Ouled Sidi Yahia, tribu berbère, habitaient la vallée jusqu'à Lambèse, eux aussi avaient une zaouïa. Les Ouled Chlihs, tribu berbère étaient également établis dans la vallée et avaient, eux aussi, une zaouïa. Les Hraktas tribu berbère avaient des terres pour leurs pâturages et des lieux saints dans cette vallée.

Les routes étaient protégées par toutes ces tribus contre les Razzias des autres tribus proches et des attaques ottomanes. Le commerce était prospère dans cette vallée, les gens passaient par cette vallée pour aller à Constantine. Ils venaient de Menaa ou de Biskra. Le voyage durait une journée à dos de cheval ou d'âne. Plusieurs zaouïas étaient, à cette époque , des lieux de visite mystique de culte des saints.
Le 12 février 1844, près de l'endroit de l'embranchement des routes des Batna-Bemelle et Batna-Condorcet et de la Zmella, Henri d'Orléans, duc d'Aumale, lieutnant général de l'armée française menant l'expédition de Biskra, décide de camper à cet endroit. Les traducteurs indigènes dirent N'bet Hena (Batna) (en français qui veut dire bivouac[2], nous passons la nuit ici). Les Français ont cru en entendant les autochtones dire « N'bet Hena » en langage chaouis que l'endroit s'appelait Batna. C'est ainsi, raconte-t-on, que le nom de Batna trouve son origine. Se rendant vite compte de la situation stratégique de l'endroit (à mi-chemin entre Constantine et Biskra), l'éxpédition décida, dès 1844, la construction d'un camp militaire fixe destiné à contrôler les différents axes routiers. Devenue un carrefour incontournable, la ville de Batna se développa rapidement [3] et plusieurs familles vinrent y vivre. Des commerçants sont venus de partout pour y investir et y travailler. À partir de 1848, l'un des premiers arrivants fut Ali Chikhi, originaire du village d'Azrou Kolal, de la tribu des Beni Menguelat, Daira de Ain El Hammam Kabyle. Il s'établit d'abord à El Madher où il exploitera une ferme qui alimentera en fruits, légumes et lait toute la région et en particulier la ville de Batna; 60 % des batnéens ayant vécu entre 1890 et 1962 ont bu le lait des vaches de Ali Chikhi ou mangé de ses légumes et de ses fruits. Ali Chikhi a eu six garçons dont l'aîné était Med Larbi et le plus jeune Seddik, qui l'aidérent dans la gestion de ses terres. En fait il possédera une grande partie de la ville de Batna. Le quartier la "Cité Chikhi" porte son nom. Fort respecté par les chaouis dont il appris avec facilité la langue chaoui, lui même étant Berbère Kabyle.

La ville était cosmopolite, il y avait des personnes d'origines et de confessions extrêmement diverses ( Chaouis, Kabyles, Mozabites, Soufis, Arabes ( originaires de diverses régions d'Algérie et d'autres pays, notamment du Maroc et de Tunisie, etc ), Africain, Kouloughlis, et toutes sortes de métissages entre ces différentes origines ethniques. Ils étaient Musulmans pour la plupart, mais il y avait également, avant la guerre d'indépendance, des Juifs d'Algérie et de nombreux Chrétiens également originaires de France (de Corse, notamment) de Malte, d'Italie, Sicile notamment, des Allemands, et même des Russes. A ce sujet, un proverbe contemporain dit : "Batna réussit à ses étrangers". Plusieurs confédérations d'autochtones étaient concentrées dans le vieux Quartier du Camp de la ville et de la Zmela alors que beaucoup d' Européens habitaient le quartier du Stand où vivait aussi des Algériens de classe plus ou moins aisée, ainsi que quelques familles de Juifs d'Algérie.

Les écoles, le théâtre, l'hôpital, les cinémas, les jardins, les routes, les installations sportives, les immeubles d'habitation et d'administration, la gare, etc., toutes ces activités et infrastructures se sont développées pendant cette période et restent fonctionnels à ce jour. Il y avait aussi un aéroport de l'armée à Batna qui devenait de plus en plus stratégique du point de vue économique et militaire. L'hôtel d'Orient et d'Angleterre sera construit pour accueillir les touristes avant la Première Guerre mondiale, vers 1885. Quelques célébrités mondiales y ont séjourné comme John Wayne et Mohammed Abdel Wahab[4].
Mis à l'écart, laissés pour compte et souvent misérables, les musulmans berbères de la ville se rebelleront contre les autorités françaises dès le début de la colonisation. Après le génocide du 8 mai 1945, la résistance algérienne contre le colonialisme français s'organise et de nombreux Batnéens adhèrent au Parti du peuple algérien (PPA) de Messali Hadj, aux Oulémas algériens de Ben Badis, ou encore au Mouvement pour le triomphe des libertés démocratiques (MTLD).

Le 1er juin 1954, la réunion des 22 [5], décida que le déclenchement du djihad ait lieu à Batna. La première attaque de l'ALN en Algérie eut alors lieu dans la nuit de la Toussaint du 1er novembre 1954 quand plusieurs Batnéens dont Bouchemal, Bousseta et Mohamed Tahar Abidi, menés par Mostefa Ben Boulaïd, firent une incursion d'attaque dans la caserne de l'armée française à Batna et les poteaux télégraphiques furent sciés par les moudjahidines de la ville, c'est le début de la Révolution Algérienne.[6] [7]

Plus de 500 personnes armées de Batna et des Aurès se soulèveront contre l'autorité coloniale ainsi que 1500 agents de liaison. Après une visite dans la région, François Mitterrand, ministre de l'Intérieur de l'époque, se rendit compte du danger que reprèsentait la détermination et le courage des Chaouis pour le devenir de l'Algérie Française. Il désigna alors Émile Vié comme sous-préfet des Aurès dans le but de "pacifier" ce peuple fier et héroïque, mais son plan fut un échec. [8]

Fief de la Révolution, la région des Aurès, avec Batna comme capitale, Wilaya I de 1954 à 1962, constitua l'une des régions les plus actives durant la guerre d'Algérie[9]. De nombreuses personnalités militaires s'y distinguent tel que Mostefa Ben Boulaïd, membre important du Comité révolutionnaire d'unité et d'action (CRUA) et « chef historique » du FLN[10]
De 1962 à 1965, Batna garda le découpage militaire de l'ALN : elle était le chef-lieu de toute la région des Aurès . Pendant ces toutes premières années de l'Indépendance, la ville a connu une croissance économique importante. Pendant le mandat du président Houari Boumédiène (1965 - 1979), plusieurs arbres seront plantés par l'armée populaire pour remplacer les arbres calcinés par les bombardements français dans les montagnes avoisinant la ville (Kasrou, pic des cèdres ou Col de Telmet (forêt de Belezma), Bouarif, Mont Chélia, etc.). L'église de la ville fut détruite dans les années 1970 [11] pour être remplacée par une placette en marbre. Le Wali (préfet) ayant décidé cette démolition mourut tragiquement dans un mystérieux accident de la circulation quelques jours après!.

Dans les années 70, la ville de Batna s'agrandira harmonieusement et se développera grâce au secteur industriel où plusieurs projets vont aboutir (complexes textile, cuirs, ...) grâce à la contribution des entreprises de l'État ainsi qu'aux entrepreneurs batnéens. Malgré un régime socialiste, la vie à Batna était agréable à tel point que plusieurs cadres de l'Etat après une mutation à Batna décidèrent à cette époque d'y résider définitivement. Cependant, cette croissance sera brutalement freinée pendant l'ère du président Chadli Bendjedid, d'une part par la corruption naissante et vite généralisée et d'autre part par les conflits tribaux. Alors que la ville commencait à manquer cruellement d'eau, de routes et d'espace, il y a eu quelques travaux de prestige, non stratégiques, réalisés comme la rénovation du théâtre de la ville ou l'achèvement de la construction du stade omnisport du 1er novembre.

A cette époque, Batna voit sa territorialité administrative nettement amputée : elle n'est plus que le chef-lieu de la Wilaya de Batna qui ne comprend plus les départements de Khenchela, de Aïn Béïda, de Biskra et d' Oum-El-Bouaghi.

Partisans de la justice sociale, les Batnéens voient, en 1991, leur ville transformée en champ de bataille où sont tombés les premiers chahids de la guerre civile, abattus avec les mitrailleuses des chars de l'armée positionnés dans les carrefours de la Batna. Les grands travaux furent relancés petit à petit pendant la décennie noire. Ainsi, l'ex-président algérien, le général Liamine Zéroual, parce qu'originaire de la ville, décida en 1997 la construction de l'aéroport international Mostefa Ben Boulaïd près du monument Medghassen pour désenclaver les Aurès. Il lancera aussi la construction du barrage de Timgad pour satisfaire la demande en eau potable de la région. A la fin de la décennie, le centre universitaire de la ville prit le statut prestigieux d'Université de Batna. La radio régionaliste de Batna fut créée à cette période et ses ondes couvrent aujourd'hui tous les Aurès.

Suite à la guerre civile, un exode des populations rurales, dans les années 2000, provoqua une brutale croissance démographique de la population batnéenne, ce qui provoqua une expansion anarchique de la ville, une flambée de l'immobilier mais surtout fera exploser la délinquance juvénile en cette fin des années 2000 [12],[13]. Le président Abdelaziz Bouteflika lancera, tardivement fin 2007, quelques projets pour la ville, comme le recouvrement des deux passages à ciel ouvert d'eaux usées qui traversent la ville ainsi que le grand barrage de Chemora [14] pour le développement de l'agriculture.

Le soir du 8 septembre 2007, un attentat, revendiqué par Al-Qaida, eut lieu au centre-ville, visant Bouteflika, qui y échappa de peu. Il fit de nombreuses victimes : 19 morts et 100 blessés graves à Batna[15].

Pour faciliter le transport urbain de la ville, un projet de tramway vient d'être lancé pour le bénéfice de la ville de Batna.[16]
D'après la Chambre de Commerce de la Wilaya[17], La ville de Batna serait active à travers toute la wilaya. Plusieurs possibilités de formation sont offertes à l'Université de Batna ; il existe aussi neuf centres de formation professionnelle ainsi que des centres de formation privés. Plusieurs établissements privés proposent des connexions Internet. En matière de santé publique, il existe à Batna plusieurs centres hospitaliers privés et étatiques. Le secteur hydraulique tourne à plein régime afin d'alimenter la ville et ses alentours: 1.191.710 m3 sont ainsi fournis annuellement. La zone industrielle (Gadaine), couvre une superficie de 4 000 m2. Plusieurs usines fonctionnent et sont spécialisées dans différents domaines ( cuir, construction, pétrochimie, produits pharmaceutiques, métallurgie, etc.) 35 % des terres de la wilaya de Batna sont consacrées à l'agriculture. Plusieurs jeunes ouvrent des cyber café ou Internet comme sources de revenue [18].
La wilaya de Batna est connue pour accueillir le Festival de Timgad chaque été au mois de juillet. Ce festival est de renommée internationale. De nombreux artistes y sont conviés. Ceux-ci viennent du monde entier (majoritairement d'Afrique, d'Europe et d'Amérique (France, Angleterre, Canada, Mexique, etc.).

La musique arabe y est représentée dans toute sa splendeur avec des artistes venus d'Égypte, du Liban, de Palestine, d'Irak, du Maroc, de la Tunisie, de la Turquie... Tout ceci fait de ce festival un moment de joie, de gaieté et de convivialité. Pour le plus grand bonheur des batnéens et des touristes qui font le déplacement pour l'occasion. Le festival se déroule dans le théâtre des ruines gallo-romaines de Timgad, qui sont classées au patrimoine mondial de l'UNESCO, ce qui contribue à sa grande renommée.












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# Posté le lundi 30 mars 2009 08:16

Kahina

Kahina
Surnommée Kahena[1] (en arabe: كاهنة), de son vrai nom Dihya, ou Damya (en tifinagh ⴷⵉⵃⵢⴰ), est une reine guerrière berbère zénète des Aurès qui combattit l'expansion islamique en Afrique du Nord au VIIe siècle. Elle est la principale figure, avec Kusayla (chef de la tribu des Aurébas), de la résistance berbère à l'avancée des troupes musulmanes en Afrique du Nord entre 695 et 705.

À l'aube de l'arrivée des Omeyades en Afrique du Nord, l'unité politique et administrative de la Berbérie Orientale et Centrale (les Aurès, actuelle Algérie) était en grande partie réalisée par Kusayla. À son décès en 686, Dihya prend la tête de la résistance. Issue de la tribu des Djerawa, une tribu zénète implantée dans les Aurès (à l'est de l'actuelle Algérie) — comme le furent plusieurs rois (igelliden [2]) berbères de Numidie - a été élue ou nommée à cette charge par le conseil de la confédération des tribus.

Dihya procéda ainsi à la réunification de nombreuses tribus de l'Afrique du Nord orientale et du Sud. Elle défait par deux fois la grande armée des Omeyades grâce à l'apport des cavaliers des Banou Ifren. Elle régne sur tout l'Ifriqiya pendant cinq années. Vaincue dans la dernière bataille contre les Omeyyades, sa tête est envoyée en trophée au calife musulman. Dihya sera la seule femme de l'histoire à combattre l'empire omeyyade. Les Omeyyades demandent aux Zénètes de leur fournir douze mille hommes de combat pour la conquête de l'Andalousie comme condition à la cessation de la guerre. L'intervention de Musa ben Nusayr règle le problème en nommant Tariq ibn Ziyad (zénète de la tribu des Nefzaouas) à la tête de l'armée zénète et des autres Berbères.

Selon l'historien Ibn Khaldoun, à la veille de la conquête musulmane du Maghreb, plusieurs tribus berbères pratiquaient le judaïsme[3].

« Une partie des Berbères professait le judaïsme, religion qu'ils avaient reçus de leurs puissants voisins, les Israélites de la Syrie. Parmi les Berbères juifs, on distinguait les Djeraoua, tribu qui habitait l'Auras et à laquelle appartenait la Kahena, femme qui fut tuée par les Arabes à l'époque des premières invasions. Les autres tribus juives étaient les Nefouça, Berbères de l'Ifrikïa, les Fendelaoua, les Medîouna, les Behloula, les Ghîatha et les Fazaz, Berbères du Maghreb-el-acsa[3] ».

Kahena usait de pouvoirs magiques « Hassan accorda au fils de la Khahina le commandement en chef des Djerawa et le gouvernement du Mont Awres, il faut savoir que d'après les conseils de cette femme, conseils dictés par les connaissances surnaturelles que ses démons familiers lui avaient enseignées, ses deux fils s'étaient rendus aux Arabes avant la dernière bataille »[4].

Par ailleurs Ibn Khaldoun distingue :

les Djeraoua (ou Dejrawa), tribu qui habitait les Aurès et à laquelle appartenait Kahena ;
les Nefousas (ou Nefzaouas), les berbères de l'Ifriqiya ;
les Fendelaoua, les Medîouna, les Behloula, les Ghîatha et les Fazaz, Berbères du Maghreb-el-acsa (nom arabe correspondant au Maroc).
Parmi ces tribus originaires de l'actuelle Tunisie (ancienne Ifriqiya), des Aurès et de l'actuel Maroc, la tribu des Dejrawa est la plus puissante de la confédération des Zénètes[3].

La conquête de l'Afrique du Nord est décidée par le chef de la dynastie omeyade, Muawiya.

À l'aube de l'arrivée des Omeyades en Afrique du Nord, l'unité politique et administrative de la Berbérie Orientale et centrale (les Aurès, actuellement à l'est de l'Algérie et de la Tunisie) était en grande partie réalisée par Kusayla. Par la suite, Kusayla entre en conflit avec Oqba Ibn Nafi Al Fihri. Après la mort de Kusayla en 688, Dihya prend la tête de la résistance. Elle commande la tribu des Dejrawas pendant soixante-cinq ans. Ad Darisi prétend que Dihya a vécu cent vingt sept ans et a gouverné l'Ifriqiya pendant cinq années[3].

Dihya ordonne la mort de Oqba Ibn Nafi Al Fihri. Les Berbère Tahuda exécutent l'ordre de tuer Oqba Ibn Nafi Al Fihri. La guerre se déclenche entre les Berbères et les Omeyades. La tribu berbère des Banou Ifren Zénète sera la première tribu à défendre les territoires au côté de la Kahina [5].

Dihya sort triomphante de cette guerre.

Hassan demande alors les renforts musulmans. En 693, l'armée consolidée d'Hassan écrase les troupes berbères commandées par Dihya. Cent mille berbères[réf. nécessaire] sont masacrés par Hassan dans les Aurès.

Dihya tuée par Hassan, ses fils adoptent l'islam par la suite.




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# Posté le lundi 30 mars 2009 07:58

Massinissa

Massinissa
Massinissa, dont le nom était transcrit MSNSN sur les inscriptions bilingues de Cirta (ancienne capitale de la Numidie correspondant à l'actuelle Constantine en Algérie) à lire probablement mas n sen "leur seigneur", appelé par les auteurs latins Massinissa, est le premier roi de la Numidie unifiée.

Fils du roi (agellid en berbère) Gaïa (G.Y.Y, inscription punique), petit-fils de Zelalsan et arrière petit-fils d'Ilès. Il naquit vers 238 av. J.-C. dans la tribu des Massyles (Mis Ilès). Il mourut début janvier 148 av. J.-C..

À la mort de Gaïa, Massinissa passant dans le camp de Rome, en 203 av. J.-C. contribue à la capture et la victoire sur Syphax roi des Massaesyles par le commandant romain Gaius Laelius. Siphax est alors envoyé à Rome en tant que prisonnier où il meurt en 202 ou 203 av. J.-C. et les Romains accordent au roi Massinissa le royaume de Syphax en récompense de sa collaboration.

Il contribua largement à la victoire de la bataille de Zama à la tête de sa fameuse cavalerie numide[1].

Durant la Deuxième Guerre punique, Rome cherchait à se faire des alliés en Afrique du Nord. Syphax, roi des Massaessyles en Numidie occidentale, dont la capitale était Siga (actuelle Ain Temouchent en Algérie), cherchait à annexer les territoires de la Numidie orientale, dirigée par Gaïa, roi des Massyles.

C'est ainsi que Syphax accepta trois centuries romaines et se tourna contre Carthage. Carthage vint en aide à Gaïa, en échange de cinq mille cavaliers numides sous le commandement du jeune Massinissa, âgé de vingt-cinq ans, à partir de 212 ou 211 av. J.-C.. Massinissa rejoignit les troupes carthaginoises avec son fidèle ami Laminius en Espagne jusqu'à l'automne 206 av. J.-C.. Il remporta une victoire décisive contre Syphax, et mena avec succès une campagne de guérilla contre les Romains en Ibérie.

Les Carthaginois, battus à Ilipa, finirent par perdre leurs possessions en Méditerranée. Le général romain Scipion, qui commandait l'armée en Espagne, songeait à porter la guerre en Afrique et s'assurer le soutien des royaumes numides. Il gagna l'amitié de Massinissa à partir de 206 av. J.-C., avec lequel il avait passé un accord en secret, puis il se rendit en Afrique pour tenter de convaincre Syphax de rester dans l'alliance. Mais le roi massaessyle, ayant eu vent de l'accord avec Massinissa, s'était déjà rapproché de Carthage.

A la mort de Gaïa (206 av. J.-C.), son frère Oezalces (Oulzacen) lui succède. Marié à une Carthaginoise nièce d'Hannibal, il bénéficie de l'appui des Carthaginois contre ses voisins et ses vassaux turbulents. Mais Oezalces meurt et Capussa monte sur le trône.
Capussa est immédiatement contesté par Meztul son cousin, issu de la fraction rivale de la branche régnante. Meztul obtient des armes et des renforts de Syphax, s'attaque aux forces de Capussa. Le combat entre les deux clans donna la victoire à Meztul. Capussa mourut en pleine bataille, et Meztul s'empara du pouvoir pour placer sur le trône Lacumazes, alors que, selon la tradition, le trône revenait à Massinissa.

Carthage, approuvant cette usurpation, scella alliance avec Meztul et lui donna pour épouse la veuve de Oezalces.
Massinissa apprit ces évènements alors qu'il était en Espagne; il décida de quitter Gadès pour la Maurétanie (-206), et craignant les représailles de Syphax, allié de son cousin, il demanda l'aide de Baga, roi des Maures. Celui-ci lui offrit une escorte de 4000 hommes qui l'accompagna jusqu'aux limites de ses terres. Après avoir rassemblé 500 cavaliers parmi les siens et les fidèles partisans de la famille, il s'attaqua à ses adversaires.

Lacumazes, qui s'apprêtait à quitter Thapsus (actuelle Tunisie), siège de son gouvernement pour se rendre à Cirta afin de présenter ses hommages à Syphax, fut attaqué par Massinissa dans un défilé non loin de la ville. Vaincu dans cette embuscade, Lacumazes parvint néanmoins à prendre la fuite et à rejoindre Cirta. Cette victoire valut à Massinissa un afflux de partisans qui lui permirent de consolider sa position.
Lacumazes et Maztul rassemblèrent des hommes de leur clan, obtinrent l'aide de Syphax et revinrent à la charge avec 15000 fantassins et 10000 cavaliers. Malgré un nombre d'hommes bien moindre, Massinissa est encore victorieux et leur inflige une dure défaite. Battus et abandonnés par les leurs, Lacumazes et Meztul se réfugient à Carthage cette fois, chez leurs beaux-parents.

Massinissa occupa alors Thapsus, qui devint la capitale des Massyles. Afin de consolider son pouvoir, il mena une lutte efficace contre Carthage et prôna l'union de tous les Numides. À Lacumazes et Meztul il offrit de leur rendre leur bien et la considération due à leur rang s'ils revenaient dans leur patrie. Ceux-ci, rassurés quant à la sincérité de leur cousin, quittèrent Carthage et le rejoignirent.

Ce regroupement des forces numides inquiéta les suffètes qui dépêchèrent alors Hasdrubal Gisco auprès de Syphax pour le persuader du danger que représentait désormais un tel voisin. Syphax prétexta alors une vieille querelle concernant des territoires qu'il avait autrefois disputés à Gaïa pour attaquer Massinissa et le contraindre à épuiser ses faibles moyens. Massinissa accepta le combat, son armée fut mise en déroute et Syphax s'appropria alors une partie du royaume massyle.

Massinissa, réfugié dans les montagnes, avec une poignée de fidèles, connut une vie de proscrit. Il ne continua pas moins à harceler ses ennemis par des raids organisés contre les campagnes carthaginoises et les hommes de Syphax ne réussirent pas à venir à bout de lui. L'insécurité qu'il fit peser sur les colons et sa popularité grandissante en Numidie inquiétèrent une fois de plus les suffètes carthaginois. Des expéditions contre Massinissa furent envoyées, on le crut mort. Mais une fois ses plaies cicatrisées Massinissa revenait à la charge et marchait une fois de plus contre Syphax. Peu à peu, ses compatriotes le reconnurent, lui adressèrent leur allégeance et lui offrirent les moyens dont il manquait.

Son royaume récupéré, Massinissa s'attaqua alors aux territoires voisins. Les colons carthaginois, pour se défendre, se lièrent avec les Massaesyles et rassemblèrent une grande armée contre les Massyles. Syphax était à la tête d'un vaste royaume et sa guerre contre Massinissa ne lui procura que plus de prestige encore. Satisfait de sa victoire qui ne sera guère durable, Syphax accorde en dot au mariage de la belle Sophonisbe, les territoires qu'il avait usurpés à Gaïa. Tout cela se déroula en 205 av. J.-C., moins d'un an après le retour d'Espagne de Massinissa.
Scipion, décidé à en finir avec Carthage, débarqua en Afrique. Le rusé Romain essaya une nouvelle fois d'attirer Syphax qui rejeta de nouveau l'alliance proposée. Il se tourna alors vers Massinissa. Les premiers combats tournèrent en faveur des deux alliés. Ces derniers, encouragés par leurs succès, s'attaquèrent à Utique, place forte carthaginoise, mais l'intervention de Syphax les obligea à se retirer. Ils prirent leurs quartiers d'hiver et Scipion, en cachette de Massinissa, entra de nouveau en contact avec Syphax. Faute de pouvoir le détacher des Carthaginois, il lui demanda de proposer une solution pour mettre fin au conflit entre Rome et Carthage. Syphax proposa que les Carthaginois évacuent l'Italie, où ils étaient en campagne, en échange de quoi les Romains quitteraient l'Afrique. Si le général Asdrubal, qui commandait les Carthaginois, accepta l'offre, Scipion, qui voulait en fait la reddition pure et simple de la Cité punique, la rejeta.

Massinissa et le général romain Scipion l'Africain reprirent leurs attaques, obligeant cette fois-ci les troupes puniques à se replier sur Carthage. Syphax, lui, ne voulant pas perdre plus d'hommes, se retira dans son royaume. Les Carthaginois, comprenant que les Romains ne leur laisseraient pas de répit, décidèrent, après avoir adopté une attitude défensive, de passer à l'offensive. Ils levèrent une forte armée qui, rejointe par Syphax, donna l'assaut. Ce fut la bataille des Grandes Plaines (avril 203 av. J.-C.) qui s'acheva par la victoire des forces coalisées de Massinissa et de Scipion. Il y eut un répit au cours duquel chaque camp reconstitua ses troupes, puis la guerre reprit. Un combat s'engagea entre Massinissa et Syphax, et ce dernier, entouré par de nombreux soldats, était sur le point de l'emporter, quand l'armée romaine intervint. Jeté à terre, Syphax fut arrêté. On l'enchaîna et on le conduisit sous les murs de Cirta qui, voyant son roi en piteux état, décida de se rendre. Massinissa, après plusieurs années d'errance, put ainsi reprendre le royaume de ses pères. Carthage, vaincue, fut obligée de signer une paix qui la priva d'une grande partie de ses territoires et de sa flotte. Le retour de Hannibal, qui avait mis fin à la campagne d'Italie, souleva les espoirs de la cité. Un incident
Hannibal s'allia à Vermina, le fils et successeur de Syphax et, ensemble, ils envahirent le royaume des Massyles. Massinissa et Scipion les rejoignirent à Zama et une grande bataille s'engagea (202 av. J.-C.). Le choc fut rude et il y eut des pertes des deux côtés, puis la bataille tourna à l'avantage de Massinissa et de Scipion. L'historien latin Tite-Live fait un récit très imagé de cette bataille :

« Un combat singulier s'engage entre Massinissa et Hannibal. Hannibal pare un javelot avec son bouclier et abat le cheval de son adversaire. Massinissa se relève et, à pied, s'élance vers Hannibal, à travers une grêle de traits, qu'il reçoit sur son bouclier en peau d'éléphant. Il arrache un des javelots et vise Hannibal qu'il manque encore. Pendant qu'il en arrache un autre, il est blessé au bras et se retire un peu à l'écart... Sa blessure bandée, il revient dans la mêlée, sur un autre cheval. La lutte reprend avec un nouvel acharnement, car les soldats sont excités par la présence de leurs chefs. Hannibal voit ses soldats fléchir peu à peu, certains s'éloignent du champ de bataille pour panser leurs blessures, d'autres se retirent définitivement. Il se porte partout, encourage ses hommes, abat par-ci, par-là ses adversaires, mais ses efforts demeurent vains. Désespéré, il ne pense qu'à sauver les restes de son armée. Il s'élance en avant, entouré de quelques cavaliers, se fraie un chemin et quitte le champ de bataille. Massinissa qui l'aperçoit se lance avec son groupe derrière lui. Il le presse, malgré la douleur que lui cause sa blessure, car il brûle de le ramener prisonnier. Hannibal s'échappe à la faveur de la nuit dont les ténèbres commencent à couvrir la nature. »

Carthage fut de nouveau contrainte à négocier. Mais le précédent traité fut révisé et la cité punique dut restituer à Massinissa tous les territoires qui avaient été arrachés à ses ancêtres. Hannibal se révolta et essaya de s'opposer au traité mais, menacé d'être livré aux Romains, il s'enfuit en Syrie où il se suicidera en 183 av. J.-C..
Appien dit de lui:

« qu'il était beau dans sa jeunesse et de taille élevée. Il garda, jusqu'à l' âge le plus avancé, une étonnante vigueur. Il pouvait rester une journée entière debout ou à cheval; octogénaire, il sautait sur sa monture sans aucune aide et, comme les autres Numides, il dédaignait l'usage de la selle. Il bravait tête nue le froid et la pluie. À 88 ans, il commanda son armée dans une grande bataille contre les Carthaginois; le lendemain, Scipion Emilien le trouva sur pied devant sa tente, tenant un morceau de galette sec qui constituait tout son repas. »

Massinissa eut plusieurs épouses et un nombre considérable d'enfants dont quarante-trois mâles; parmi ses nombreuses filles, plusieurs furent mariées à des nobles carthaginois. La plupart des enfants de Massinissa disparurent avant lui mais il en resta, à sa mort, une dizaine (Mikusan dit Micipsa, Gulusan, Mastanabal, Masucan...). Massinissa adorait les enfants et il garda durant plusieurs années auprès de lui certains de ses petits-enfants. À des marchands grecs, venus acheter des singes en Numidie, pour distraire des riches oisifs, il aurait dit: « Les femmes de votre pays, ne vous donnent-elles donc pas d'enfants? »

Massinissa, qui était un rude guerrier, encouragera la littérature et les arts, envoya ses enfants étudier en Grèce et reçut à sa cour de nombreux écrivains et artistes étrangers. Ce fut un homme courageux et un roi généreux (pardon accordé à Lacumazes et Meztul, protection accordée à Sophonisbe).

Après la bataille de Zama, Massinissa vécut encore de nombreuses années. Il garda sa vie durant l'amitié de Rome sans jamais être son vassal et, contre ses appétits impérialistes, déclara, dans une formule restée célèbre: « l'Afrique appartient aux Africains ». Il récupéra non seulement les territoires que lui accordait le traité passé avec Carthage mais aussi de nombreuses villes et régions sous l'autorité des Carthaginois ou de Vermina, le fils de Syphax. De 174 à 172, il occupa soixante-dix villes et forts.

Mais Massinissa savait aussi se comporter en souverain raffiné, portant de riches vêtements et une couronne sur la tête, donnant, dans son palais de Cirta, des banquets où les tables étaient chargées de vaisselle d'or et d'argent et où se produisaient les musiciens venus de Grèce.

Massinissa avait combattu les Carthaginois mais il ne dédaigna guère la civilisation carthaginoise, dont il sut tirer avantage. La langue punique fut d'usage courant dans sa capitale où on parlait également, en plus du berbère, les langues grecque et latine.

L'œuvre sociale et politique de Massinissa fut aussi grande que son œuvre militaire. Il sédentarisa les Amazighs, édifia un État numide puissant et le dota d'institutions, inspirées de celles de Rome et de Carthage. Il fit frapper une monnaie nationale et entretint une armée régulière et une flotte qu'il mit parfois au service de ses alliés romains. Ce fut un grand aguellid, qui pétrit son peuple de ses mains puissantes et s'efforça de faire de la Berbérie un État unifié et indépendant. Jamais ce pays ne fut plus près de réaliser l'ébauche d'une nation libre et de développer sa civilisation autonome. La tentative de Massinissa mit en relief ses qualités exceptionnelles de souverain.
Massinissa, fut célèbre dans tous les pays de la Méditerranée et l'île de Délos, en Grèce, lui éleva trois statues. Vers la fin de sa vie, il voulut s'emparer de Carthage pour en faire sa capitale. Les Romains, qui redoutaient qu'il n'acquière une puissance encore plus grande que celle des Carthaginois et qu'il ne se retourne contre eux, s'opposèrent à ce projet. Caton, attirant l'attention sur le danger que représentait Massinissa, lança sa célèbre formule: « Delenda est Carthago! » (« Il faut détruire Carthage! »).

Ce fut de nouveau la guerre en Afrique et, après d'âpres combats, Carthage fut livrée aux flammes, puis au pillage. Les survivants furent réduits en esclavage et la ville fut entièrement rasée (146 av. J.-C.). Massinissa, mort quelque temps plus tôt, n'avait pas assisté à la chute de la ville convoitée. Ses sujets, qui l'aimaient, lui dressèrent un mausolée, non loin de Cirta, aujourd'hui Constantine (Algérie), sa capitale, et un temple à Thougga, l'actuelle Dougga, en Tunisie.













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# Posté le dimanche 29 mars 2009 18:31